Le voyage pour Marelle.

 Une fière compagnie entoure l'Empereur du Rexcan. La pièce est sobre alors que nous nous trouvons dans l'enceinte du palais à ÔProfonde. Les discussions vont bon train entre le compte rendu de l'expédition sur Caril, la mise à l’abri du Canélis auprès du gardien du sanctuaire, les négociations menées sans que Fényrolnyr n'intervienne auprès d'Astarath Gala'e...

Un sujet enflamme alors les débats, la témérité et la quête encore incomprise de Melgeth et de ces acolytes, Maatolgar et la fameuse Asatella. C'est alors que Tâh prit la parole pour la première fois et éclaira l'assemblée du lourd fardeau qu'était la cache de l'amnésique Asatella. Tâh pouvait enfin poser son sac et partager ce mal qui le rongeait depuis bien trop longtemps. Tel un seul homme, toute la tablée se précipita pour assumer une partie de la lutte contre ce triptyque diabolique. Dame Dalsonia s'occuperait de créer la cage pour piéger Melgeth, Radwien et Elvin Wind resteraient auprès de l'Empereur pour parer à toute éventualité et une Ost partira sur l'heure chercher la furie endormie.

 

Apres une journée harassante de cheval à brides abattues, une escale s'impose pour la troupe à la tombée de la nuit. Une belle auberge à mi chemin entre ÔProfonde et Marelle. Cette fière troupe d'aventuriers prend un peu de bon temps dans ce précaire anonymat. La malicate est juste cuite, les morceaux de poule d'eau se mêlent au fruit du braconnage presque enfantin des fils de la cuisinière, le tout baignant dans une bonne sauce de la veille chaudement épicée qui nous ferait presque oublier que les ailes ne remplacent pas les cuisses, et que sous quatre petites ailes il ne reste que des îles de malicate. Enchanteur et chaud, c'est ce que demande le voyageur.

 

La troupe de gardes à nos côtés ne reconnaît personne et ne se doute de rien. Nous buvons aux mêmes tonneaux laissant les marques faites par nos selles au bon souvenir du Justicar et de la jeune recrue. Tâh se déride au troisième godet et nous conte des histoires à dormir debout, Arkhar fait trembler la table même pour demander une autre assiette, il se tient haut sur son banc, surplombe son auditoire et travaille le jeu de ses mains. Même s'il me jure de rester naturel je le soupçonne de rendre justice au Justicar qu'il doit dorénavant incarner.
J'aime beaucoup cet Aurtanc, sa nature détachée et nonchalante en fait un bon public. Il suffit de le piquer quelque peu pour le voir se révéler et devenir un redoutable adversaire, une belle joute verbale qui lui a tout de même coûté deux tournées... La fin de soirée nous rappela à notre mission et nous nous sommes retirés dans nos chambres pour une nuit bien méritée.



C'était sans compter sur la mort rampante qui se cachait sous nos lits.

Deux Koreds s'en prennent à Tâh et moi-même. Nous en capturons un qui est prestement interrogé, rien à en tirer mais le vacarme a attiré les gardes et le Justicar doit jouer de son statut. C'est alors qu'une seconde attaque survient, bien plus violente celle-là. Un gaz nauséeux envahi la pièce, Arkhar est touché par une lame empoisonnée et un garde tombe. Une course à travers la lande s'ensuit et un autre assassin meurt brûlé par Aurtanc. La piste se perd dans le Tèish. Il nous faut cacher Arkhar des yeux des gardes commandés par le capitaine Tudor de Marelle.
Notre groupe se scinde alors en deux. Aurtanc s'occupe de mettre à l'abri Arkhar à Port-Arsenal et les roublards filent en direction de Marelle, la troupe légère comme qui dirait.


Marelle, cité aux multiples surprises

Nous avons laissé nos montures à la sortie de Marelle et je me suis laissé guider par mon ami Tâh à travers les murs d'enceinte... Il est toujours persuadé que je ne connais pas le chemin.

Les toits nous mènent tout droit au Cirque. C'est bien une vision de désolation qui nous accueille, c'est comme si une énorme tornade avait tout emporté. Un seul survivant, un demi-ogre qui pleure sa famille disparue, il erre tel un enfant au milieu des décombres. Aucune information ne transpire à part le fait qu'ils se sont fait attaquer la nuit précédente et qu'il n'a rien pu faire malgré la sa force. Je suis au regret d'avouer que je n'ai jamais vu ce regard dans l’œil de mon compagnon de route. Un mélange de détresse et de peine, mais au delà brûlait le feu de la vengeance. Tâh ne dit plus un mot, plongé dans ses pensées, rien n'y fait. Je me retrouve donc désarmé devant mon ami qui, pour la première fois semble  baisser les bras.

Un seul remède, l'action. J’aiguise mes sens…

Une fouille sommaire laisse à supposer que plus rien d’intéressant ne reste, pas un indice sur l'identité des assaillants, rien. Je lui dis alors que nous sommes observés ce qui s'est avéré vrai par la suite. Nous avons traversé la passerelle et sommes montés sur les toits. Trop rapidement, une silhouette apparut dans un cercle de lumière. Un wakizashi rouge ornementé d'or pendait à la ceinture du mage. L'histoire se mettait en place, l'attaque était le fait des Négaths et ils observaient leur méfait afin d'éliminer tout intrus ou curieux. Il est vrai que le pourquoi de l'attaque reste en suspend.

Nous nous sommes mis à deux pour éliminer ce potentiel ami qui était passé du mauvais côté à son insu. Je dois dire que Tâh tenait là un début de vengeance avec un petit sourire en coin. Un sourire qui aurait fait froid dans le dos à bon nombre de guerriers émérites, pas à moi. La fouille n’a révélé aucun indice, nous pensons donc que les Négaths s'appellent entre eux quand l'un des leurs est en danger alors nous nous sommes fait très discrets après avoir caché sommairement le corps et dissimulé le wakizashi dans une cheminé avoisinante.

Nous sommes alors allés faire quelques emplettes sur le troisième îlot, celui des marchands. Il nous fallait un joli bouquet de fleurs fraîches car nous avions rendez-vous avec l'avenir.

Afin d'étendre notre petit réseau dans les méandres souterrains des villes de l'empire, j'ai pensé qu'il était opportun de rencontrer ces multiples petites guildes en devenir qui n’intéressent pas encore ces guildes majeures qui n'auraient que faire du peu de chose que nous avons à offrir pour l'instant. C'est pourquoi mon dévolu se porta sur les farouches amazones qui ont tout de même pignon sur rue à l'adresse enchanteresse du « rat musqué » proche de tout sauf du cœur palpitant de la ville.

Le second îlot principalement composé d'habitations est un bon endroit pour qui n'a pas encore vocation à se frotter aux grandes guildes commerçantes de Marelle. En ce sens je pense à la fameuse « guilde des explorateurs », fer de lance de la grande famille des De Radier. Aiguiser les appétits d'une guilde à forte conviction nous intéresse d'autant plus qu'elle peut apporter une pierre à l'édifice. Ce sont des femmes qui veulent émanciper leurs égales en les sauvant du marché de la chair. Le premier contact avec Christina fut des plus cocasse voire comique car nous n'avions rien à offrir à part du rêve. Elles ne sont pas dupes ces « chasseresses », mais nous avons joué de notre charme naturel et appuyé sur les cordes sensibles typiquement féminines. Elles ont finalement su plier sous la force des arguments et d'une bonne cinquantaine de draks chèrement acquis.

L'hospitalité nous a été offerte et nous avons pu nous reposer dans cette petite auberge aux possibles senteurs enchanteresses. Le sommeil fut léger et ce qui devait arriver arriva, mon ami s'en est allé presque assez furtivement mais la plume sur le papier, un poing qui se referme sur ce dernier et un soupir non simulé ne peuvent que me pousser à respecter son choix, les yeux clos, gardant pour moi cette boule au ventre.

De précieuses informations nous ont été fournies par Estelle, une jeune recrue qui, comme ses consœurs a été choisie avec un goût certain qui ne peut me laisser indifférent... Le Cirque a été emporté après une chaude discussion sous la tente de Kurdic impliquant un homme de haute stature, richement habillé, avec une belle et longue moustache. Cet homme au regard de braise était accompagné de six autres personnes arborant de riches habits et bijoux exotiques. Une dague richement sertie a eu un effet magnétique sur la belle Estelle, mais elle fut vite refroidie lorsqu'un éclair suivi d'une gigantesque tornade vint engloutir l'ensemble. Seule restait la troupe de magiciens qui ont disparu à leur tour comme ils étaient venus, par d'autres moyens que la porte principale.

La thèse des Négaths aux yeux jaunes et vides ne peut plus tenir.

 Plus tard, une discussion autour d'une chope avec un garde anéanti par une blessure et affecté à une encablure du rat musqué, me révéla que cet homme avait fait volte-face pour ramasser un objet sur le sol avant de disparaître.


Les inspecteurs de Marelle

Ce court passage en cette ville de Marelle fut également riche de visites et rencontres atypique pour un simple troubadour. Le poste de garde à l'entrée de la ville accueille le bureau du capitaine de la garde de Marelle, ce même capitaine que nous avions rencontré la nuit précédant notre arrivée, le capitaine Tudor. Ce paisible père de famille ne cherche qu'une chose, pas de vague, afin de conserver sa position au sein de la ville voire même se rapprocher tranquillement d'un meilleur poste. Cela pourrait nous être précieux par la suite.
Il m'a également été donné de voir que derrière ce vernis calme et reposant se cachaient des méthodes aussi peu conventionnelles qu’intéressantes. La garde n'est pas absente des rues mais travaille en souterrain afin de laisser la surface aussi lisse que possible. Je suppose que c'est bien meilleur pour les affaires. Le poste de garde mène aux cachots relativement déserts pour une ville marchande. Je soupçonne la garde de pratiquer la liberté monnayée… Puis des salles d'archives et d'alchimie pour mener à bien leurs enquêtes sur le crime organisé de Marelle. Fascinant ! Moi qui avais toujours pris les gardes des villes majeures pour un ramassis de lourdauds tout juste bons à coller une rouste aux voleurs de pommes. Je ne laisse rien paraître mais une mine est à portée, bien joué capitaine. Le responsable des enquêteurs du dessous se nomme Lifasse et prend très à cœur son travail. C'est ici en face du cadavre du kored assassin que j'apprends que la spirale sur le bras gauche est la marque de la guilde d'assassin de la « Sérénade ». Cette dernière est basée dans le sud en terre Sihisse mais cette guilde mercenaire a forte réputation à ce que je peux en conclure. Les investigations sur les armes et tissus se poursuivent.
La suite de la visite continue jusqu'à un poste de garde sur le second îlot à quelques encablures du rat musqué.

Le bourgmestre de Marelle

La rencontre avec ce capitaine Tudor m'a également permis de rencontrer une autre personnalité de la ville mais pas dans les conditions optimales, il est vrai. Ce fut une courte rencontre officieuse dans ce même poste de garde. Le bourgmestre, Carl terron Undrontenait à me rencontrer et à m'impressionner en évitant soigneusement de me faire visiter son outrancier domaine. C'est un homme de petite stature très porté sur l’apparat et la richesse. Cet homme administre et régente cette ancienne ville Ultokar. Il est évident que ce bout d'homme fait passer son intérêt personnel avant toute autre chose. Après lui avoir honnêtement dévoilé que l'Empereur voulait connaître sa position et le caractère officieux de ma venue, j'ai écouté. Ses dires dépassaient toutes mes espérances, il ne reconnaît aucunement cet Empereur autoproclamé qui n'a de légitime que le nom, qu'il n'est pas prêt à donner les clés de la ville, à moins bien entendu que la majorité des familles n'en décide autrement. Dans ce cas fort improbable il serait prêt à influer sur le vote de sa famille. Ce rat à tellement peur qu'il parade et caracole devant le petit conseiller de pacotille d'un arriviste, bâtard de surcroît. Je pense qu'il va vite déchanter et va s'écrouler au moindre haussement de ton de l'Empereur. Le problème avec ces individus qui pensent encore que tout leur est du, c'est qu'ils sont encore très influents de par leurs richesses accumulées. Un soulagement serait fort à propos, mais je suis sûr qu'une diplomate telle que dame Dalsonia trouvera une parade qui évitera à toute la famille Undron de peser à contre-courant. Conscient de son statut de régent, je crains qu'il ne cherche dorénavant à tirer la ville vers le bas. Il affirme tout de même qu'il reconnaît l'autorité du « conseil des 16 ». Ce même conseil qui a réussi à tirer de plus amples profits de cette ville. Son bras droit dans cette ville est le douanier et n'hésite pas à s'afficher en sa présence au théâtre dont il est le mécène. Une bien belle représentation soit dit en aparté. Ma compagne d'un soir a dû en intriguer plus d'un.

Un rendez-vous en cache un autre

Au détour d'une ruelle et poursuivant mes investigations d'échoppe en échoppe, un message m'est livré. Enfin ! Oserais-je dire. Ce message est très étonnant, on me donne rendez-vous ce soir à l'auberge de « l'Ecu de Brumstec » la plus grande auberge de Marelle, place royale sur le troisième îlot, une jonquille au col. L'objet de cette rencontre est de parler de l'avenir du continent. Cette note porte une signature sans équivoque, Tulnik.

Une note limpide, bien trop claire et sans bavure. Je conçois que passer deux siècles enchaîné donne envie de prendre des raccourcis mais cela semble quelque peu grossier tout de même.
Une première analyse à l'encre magique m'indique que je dois me présenter sans arme et bien accompagné. Une seconde, bien plus subtile celle-là, change le lieu de rendez-vous. Ce sera chez l'apothicaire en face de l'Ecu, dans la rue qui mène à la demeure abandonnée des Ultokar. La lettre était parfumée et il a fallu que je m'y reprenne à trois fois pour dissocier et interpréter les différents tons du nectar. Le lys interpelle, la séliane exacerbe et anoblit le bouquet, et pour finir de l'herbe à mort qui rappelle l'ail. Celle-ci est l'indice, cette plante anciennement utilisée pour annoncer une mort prochaine et pour embaumer les défunts ne risque pas de se trouver dans toutes les demeures de Marelle.

 

Là ou commence l’aventure

Sauf une peut-être, celle de cet apothicaire qui ce fait appeler Bonisse, Bonisse l'apothicaire. Une première reconnaissance apporte quelques informations croustillantes et vitales. Je tiens à dire que la deuxième information m'a coûté mes derniers draks, autant dire une petite centaine, merci d'avance aux bons lecteurs... La première est que c'est lui qui a créé cette pâte bleue qui a empoisonné Arkar. Son doux nom est « une semaine de vie », le sujet perd peu à peu ses moyens pour sombrer dans l'oubli en moins de dix levers de soleils. C'est charmant d'autant plus que cela fait trois jours que le Justicar du Rexcan a été empoisonné. Aux vues de sa force et constitution naturelle je crains que notre bon Arkhar n'en ait plus que pour deux jours à vivre. Il est vrai que j'ai bien travaillé Bonisse au corps pour obtenir un bon prix pour le remède et je suis sûr que si j'étais passé deux jours plus tard j'aurais eu une ristourne d'une vingtaine de draks mais le temps m'était compté et j'avais rendez-vous au théâtre. Le soir venu, après un bon repas et une représentation de haut vol me voilà chez Bonisse accompagné de mon escorte de choix, la panthère aux yeux vert, Christina. Bonisse prépara une seconde potion pour Christina, je pense qu'il ne s'attendait pas à la voir. En tout état de cause le fait de partager ce délicieux breuvage en charmante compagnie nous donna le courage nécessaire. Un aller-retour par la porte de l'échoppe et nous voilà sur les lieux du vrai rendez-vous, sous une tente, du sable à perte de vue, il fait jour et force est de constater que nous ne sommes plus dans le Rexcan.

Le sultanat d’Azbar de Maurextanie

L'homme qui nous accueille est de forte stature, porte une grande moustache et a un regard de braise.

Notre hôte libère ses convives et nous offre alors du thé, cette délicate attention enterre définitivement la thèse des Négaths. Il se présente comme étant Adou d'Azbar et nous révèle que nous nous trouvons dans le sultanat du même nom. Azbar est le second des treize autres sultanats au sud-ouest des principautés qui font tampon avec l'empire du Rexcan. Il nous clarifie la situation en proclamant que c'était le chef des rebelles de la région, que la paix est scellée avec ce dernier et qu'il a trouvé à propos de signer son invitation du nom de son ancien ennemi et ami du sultan, Tulnik. Il sait que je dois bientôt rencontrer le grand oncle de dame Pénédra et il me charge d'un message, c'est bien lui qui est à l'origine de son enchaînement en manipulant habilement la famille Lanceterre et les nains principalement, qu'il a su rester dans l'ombre pendant ce temps mais que les nouveaux événements le poussent à clarifier cette affaire afin de repousser la querelle. La joute reprendra quand le continent dans son ensemble sera de nouveau à l'abri de la disparition. Il est conscient du caractère supérieur de notre mission et nous assure de son soutien pour l'avenir. Il nous offre pour ce faire les meilleures recettes de ses alchimistes dans les principales villes du Rexcan et assure pouvoir nous suivre par l'action de ses devins. Des informations vitales nous sont dévoilées concernant les frontières de l'est.

une ascendance Mahamets

Un plan trop simple se met en place. Une armée vient envahir le Rexcan par le Sud-Est, elle a comme fer de lance de nombreux semi-géants. Les armées du Rexcan seront alors rassemblées pour répondre à l'agresseur. Les frontières tenues par les paladins de la famille Idgar seront affaiblies. La Théocratie de Lhêm pourrait en profiter mais c'est surtout l'Empire Sohong du Nord-Est qui en profiterait pour écraser la Théocratie, puis l'Empire du Rexcan bien trop affaibli pour résister. Simple et de bon goût. La discussion porta ensuite sur de très puissants sortilèges. Je me risquais alors à une ouverture sur les Mahamets. Adou me rétorqua que cela n'est que légende et supposition. Une faille s'est ouverte et Fdack titilla la sensibilité de son interlocuteur en rebondissant sur le fait avéré que lorsqu'un peuple ne peut expliquer ses origines il se complaît dans la fabrication de mythes grossiers comme peuvent l'être les mahamets.

C'est alors que la susceptibilité de mon interlocuteur se manifesta par des flammes dans les yeux, les braises se sont rallumées. Mes sourcils ont bien failli roussir mais la raison l'emporta, Adou m'avoua alors que leur peuple descendait directement des Mahamets, ces êtres de feu ayant un lien direct avec les origines de la magie et du temps. Une joute verbale s'est engagée entre Christina et Adou concernant l'épineuse situation des femmes au sein des oasis et je crains fort qu'elle ait réduit la civilisation de notre hôte à un simple régime patriarcal et machiste. Leur mode de vie nomade et sans voir aucune femme m'interpelle fortement. L'analogie avec les véhénites est trop frappante pour être fortuite. Ne voulant être discourtois avec notre hôte, il m’apparut opportun de l'éclairer quant à la situation centrale du temple récemment mis à jour à quelques lieux de Lizeline. Je dois dire que j'ai été déçu par sa réaction quelque peu détachée de l'annonce, nous verrons bien la tournure que prendront les événements.

Des créatures terrifiantes perdues dans le désert

Pour l'heure, lui et ses hommes sont trop occupés à retrouver dans le désert l'ensemble des créatures du cirque qui ont été éparpillées après que leur sort ait été gravement perturbé par un fort champ anthropique d'origine inconnu. Leur but premier était de récupérer l'avatar de leur divinité ayant prit pour forme physique un cheval. Mais le champ a finalement aspiré l'ensemble du cirque. Je questionnerai des prêtres au sujet du cheval.
Le peuple d’azbar a donc profité de l'absence de Kurdic pour passer à l'action. Cette dernière a été décidée car les années de discussion pour récupérer le cheval mythique sont restées sans résultat. Ce qui est dérangeant, c'est qu'ils ont engagé Gléménoth pour éloigné Kurdic.
«  Ils se sont ensuite fait dépasser par les événements et doublé par Gléménoth. Pour clarifier le lien entre Melgeth et Gléménoth, Melgeth est le magicien qui a pactisé avec le démon Gléménoth. Un lien possible entre Gléménoth et Azroliark serait que le premier connaîtrait le véritable nom d'Azroliark. Or lors de la prise de contrôle d'Azroliark, il aura besoin de toute la force du triptyque des magiciens. » ( Donc il n’avait pas de magie dans le sanctuaire mais les facultés naturelles du démon Gléménoth.)

 

Je sais que Tâh va me sauter à la gorge car depuis qu'il a révélé son secret à quelques privilégiés, l'ensemble du continent est au parfum, mais il a bien fallu agir et je me suis donc permis d'avancer une hypothèse à Adou. Gléménoth a besoin d'Asatella pour mener à bien sa quête, cette dernière était cachée et amnésique dans le cirque de Kurdic. Le sort et le stress de l'attaque du peuple d'Azbar ont provoqué une réaction très violente chez Asatella qui s'est manifestée par le champ anthropique. Il y a  fort à parier que ce stress a fait retrouver la mémoire à Asatella...

Maintenant, deux possibilités :

-        si elle ne peut voyager seule, elle est encore dans le Rexcan et Melgeth gagne beaucoup de temps 

-        ou bien elle a été emportée et est dans le désert d'Azbar livrée à elle-même et cherchant à prendre contact avec Melgeth. Dans ce cas, prions pour que le peuple d'Azbar la capture au plus vite et la mette hors d'état.

Adou devrait nous donner cette information quand il le pourra. Le champ anthropique à donc eu pour effet de d'emporter l'ensemble du Cirque et a disséminer toutes les créatures dans le désert d'Azbar. La traversée de ce désert devient donc épique pour nombre d'aventuriers en proie à la témérité. Pour l'heure, Adou et les siens ont fort à faire dans ces immensités de sable torride.


Azul Kirin Azbar

Après une longue discussion sur la question de la place des femmes dans les diverses civilisations, Christina accepta à contre cœur que je m'entretienne en privé avec notre hôte. Il me dévoila la richesse cachée que sont les oasis, ainsi qu'une immense caverne renfermant un monstre récemment capturé. Sur un ponton dévoilant ce trésor souterrain que constitue l'eau claire, on m'imposa le silence le temps que nos yeux s’habituent à l'obscurité.

C'est alors qu'un rare spectacle s'offrit à nous. Derrière d'immenses colonnes de fer, entre eau et terre, une gigantesque créature se jeta littéralement sur nous, le choc fit trembler tout l'édifice. Non content de sont échec il enchaîna avec un jet d'une substance qui fit bouillir l'eau et nous enveloppa d'une vapeur suffocante. Le décor était planté, une énorme tête reptilienne se colla alors aux barreaux de la titanesque cage pour mieux nous distinguer et nous jauger. C'est à ce moment qu'il s'adressa à nous, il nous offrait des richesses considérables ou une mort certaine dès que sont maître aurait vent de sa captivité.

 Adou me révèle que ce spécimen est un dragon d'Azbar, un messager céleste investit d'une mission étrangère à notre compréhension. Une âpre et courte discussion débouche sur un simple nom, « Azul Kirin ». Ma courte expérience draconienne m'a enseigné à ne pas négocier avec ces êtres, ils sont bien trop fins et machiavéliques pour que je puisse espérer remporter la mise. Il me faut absolument éviter ses yeux alors que ce dernier cherche attirer mon regard.. Avant de me détourner pour remonter à l'air libre je réussis à capter les reflets de ses écailles, à travers les effets multicolores une dominante Azur me frappe. Sa dominante chromatique avait été préalablement donnée par son nom mais j'avais besoin de répondre à cette curiosité propre à ma nature.

 

Une petite colère

 De retour sous la tente, Christina avait comme éventré tous les coffres et croulait littéralement sous les dorures, un serviteur dormait du sommeil du juste dans une position quelque peu inconfortable, couché sur un coffre. Cette femme n'est décidément pas sortable et est prompte à de multiples esclandres, l'irrévérence incarnée.
Décidément je ne me suis pas trompé sur son potentiel, autre que diplomatique il va de soi.

Adou dû tenir en respect ses hommes qui commençaient à s'échauffer au sens propre du terme, il ne nous restait qu'à nous replier dans ce petit couloir de belle étoffe. Nos regards se croisèrent une dernière fois, un dernier chapeau bas bien trop marqué auquel il répondit d'un sourire en coin de grand du désert. Cela entérine les biens trop nombreux non-dit qui restent en suspend, personne n'est dupe.

Tulnik, la paix de l'ouest pour se tourner vers l'est, le détachement vis à vis de Lizeline et pour finir leur hôte souterrain qui n'est certainement pas arrivé la veille en ces lieux... J'apprécie le style très marqué de cet Adou d'Azbar, un joueur du temps à l'âme entière et aux méthodes obscures.

« Nous nous reverrons Adou d'Azbar. »

 

Mission accomplies ?

 Le retour à Marelle nous rendit quelque peu vaseux ma compagne et moi. La nuit était noire et nous nous traînâmes tant bien que mal à travers les ruelles de Marelles jusqu'au « Rat musqué ». Christina pris tout de même soin de nous faire passer par des chemins détournés. C'est en ces lieux que nous nous séparâmes pour nous reposer.

Au réveil, ces amazones en devenir m'avaient fait coulé un bon bain chaud dans lequel je ne me fis pas prié pour me délasser. C'est elle qui vint me retrouver, elle tenait à s'excuser pour son comportement enfantin sous la tente des sables. Elle tenait également à partager le butin, comme elle me disait. Elle a bien du comprendre que je désapprouvais ce terme, en ce sens que ces joyaux d’orfèvrerie exotique était une forme de participation, un gage de bonne foi ou bien une vile tentative de corruption. Ce qui me fit sourire en revanche c'est que chaque élément était typiquement masculin, elle a donc pensé à ma personne pendant qu'elle mettait sans dessus-dessous les coffres Azbariens. Je sais maintenant qu'elle nous prend au sérieux et elle fera son travail. Je pris alors le temps de lui écrire une lettre avant de m'éclipser, j'ai été bien trop visible en ces lieux. C'est à brides abattues que le Fdack filait vers le cœur palpitant du Rexcan et du pouvoir, Ôprofonde.

 

Le somi : le maitre de l’ombre en sort

C'est chez l'Ami d'Aurtanc que je décidai de poser mes valises. Le conte Torgash avait fait une immense fortune en gagnant puis louant une île à des légionnaires impériaux. Joli coup que celui-ci. C'est maître Lavatrein lui-même qui fit sortir l'île des eaux car tel était la rançon d'une quête encore tue à ce jour. Voilà l'archétype de l'aventurier qui a réussi mais qui ne peut se satisfaire d'une vie de nanti blotti sur son île.

Chez le légionnaire Comte Torgash d’accione

C'est donc dans ses appartements que je fis prévenir l'Empereur que je me tenais à sa disposition ainsi que dame Dalsonia pour la prévenir que je viens d'arriver en ville. Un bon repas est préparé et c'est alors attablé, prêt à goûter à ma première bouchée, que la porte s'ouvre.

De l'autre côté de la table se tiennent Aurtanc, Dame Dalsonia, un vieux gribou de prêtre et l'Empereur en personne. Ma première pensée va aux différents mets qui sont sur la table, aucun n'est entamé et si je parviens à poser délicatement la fourchette que j'ai en main, l'illusion sera parfaite. J'accueille donc mes hôtes comme il se doit, sans surprise avec tact et panache. Un des travers de l'Empereur est qu'il n'apprécie guère les menus détails et anecdotes qui donnent tout le croustillant aux bonnes histoires. Je m'efforce d'alambiquer un peu les mésaventures du Justicar qui m'a poussé à rencontrer le bourgmestre ainsi que de la disparition du cirque. Je décèle bien un léger soupir de la part de notre grand paladin mais ce n'est pas le premier que je convertirai.

 Nous en étions à la description du maître des tornades quand celui-ci se leva d'un bon, arme au poing. Je pensais alors à une malheureuse erreur de syntaxe quand il prit une voix de stentor « Nous ne sommes pas seuls, on nous observe, le mal est parmi nous! ». Les vitres volèrent en éclats et le verre retomba accompagné de deux assassins à la grâce naturelle indéniable. Je dois dire que Lexis et Séphilis ont l'art du coup de théâtre, juste au moment de la tornade.


Les assassins entrent en scène

Cependant, leur entrée n'était pas annonciatrice de bonne nouvelle, pour sûr. Ils se figèrent à dix pas de l'Empereur, un genou au sol, tête baissée, paumes au sol, et ce, juste assez de temps pour que l'assemblée apprécie le caractère pacifique de leurs intentions. Lexis releva la tête et prit alors la parole « Empereur le Maul, Zéphir, nos quartiers secrets sont attaqués, un traître les a renseignés, notre Boumb est mort. Nous craignons une future attaque à votre encontre.»

A ces mots, une ombre passa furtivement proche d'une fenêtre. La stupeur pu se lire sur les visages de Séphilis et de Lexis. Il est certain qu'ils n'auraient jamais pensé être suivis aussi facilement. Xénu, le grand prêtre d'ÔProfonde adepte de Valon et accessoirement précepteur du jeune Le Maul s'approcha de ce dernier et lui demanda d'alerter la garde. C'est à cet instant que je sus et reconnus Le Maul comme étant l'Empereur :

« Pas de garde ! Qui s'en prend à l'empereur, s'en prend à l'Empire et qui attaque l'Empire, périra de sa main ! » 

« Dame Dalsonia, Lexis, rassemblez les domestiques et ramenez les en cuisine puis rejoignez-nous à l'étage. Xénu veillez sur les domestiques en cuisine.
Richèse et Séphilis investiguez le rez-de-chaussé. Aurtanc, vous, venez avec moi nous allons occire quelques mécréants bien trop audacieux à l'étage. »

Les lieux ne sont pas à notre avantage, les poutres sont basses sous plafond, de nombreuses larges fenêtres, pas de couloirs, que des pièces carrées et pour couronner le tout, des ouvertures d'une coudée au dessus de chaque porte. En définitive, chez ce cher Torgash et en de pareilles circonstances, c'est beau et c'est tout.

 Pour notre part, un petit-bois invisible, sur les poutres, équipé d'une sarbacane. Avoir un binôme spécialiste de ces affaires est un atout majeur. Ce qui nous a permis de le capturer alors qu'il avait rapetissé. La seconde vague arriva du plafond, deux créatures nous tombèrent littéralement dessus par une sorte de trou noir. Ces créatures étaient nues, blanches de peau et leurs yeux étaient reptiliens. Leurs armes étaient de toutes sortes puisque leur corps tout entier changeait instantanément de forme. Des anges du meurtre, des dopplegangers.

Séphilis fut très rapidement grièvement blessé et dû rompre le combat en laissant le Fdack tout seul, qui croyait prendre s'y fait prendre à son tour. Après que chacun de nous se soit prit une bonne estocade, l'escampette fut la poudre la plus salutaire à mes yeux.
Passant une porte, quelle ne fut pas ma surprise, un grand mage elfe noir avec de longs cheveux blancs comme les neiges éternelles, une sorte d'aura lumineuse enveloppant son corps, sans armes aucune, que des longs ongles et une belle robe de mage pour seule défense, une main tendue dans ma direction à moins d'une coudée… Serein le Fdack !

C'est alors que je lui prends sa longue manche pdans le but de l'emmener à terre. Mais rien n’y fait, il ouvre la bouche, parle d'un libérateur, d'excuses et puis s'en va. Je tiens à dire en ces lignes que le charme naturel de certains personnages vaut bien plus que n'importe quelle arme, entre nous.

Le silence se fit… Il sembla que tous les assassins étaient partis.

Le bilan

Toute l'assemblée se retrouva dans le salon. Le bilan est rude pour notre belle équipe, Deux koreds ont blessé Dame Dalsonia et malmenaient Lexis,un petit-bois et deux dopplegangers pour nous ont mis hors d'état Séphilis et un grand humain,blond, richement vêtu simplement équipé de dagues et étoiles tranchantes pour Aurtanc et l'Empereur. De nombreux bandages et Xénu pu nous régaler de ses bonnes prières. La réflexion nous orienta rapidement sur le commanditaire de cette action mais son nom fut tu car Séphilis sortit l'être blessé de son sac tel un magicien épatant la galerie. Un interrogatoire dit raisonnable et raisonné ne marche pas, il faut bien l'avouer, alors Richèse cède sa place aux méthodes bien moins ragoutantes, mais tellement plus efficace de Sephilis.
Je ne me fais plus d'illusion sur la carrière précédente de ce Séphilis. Le petit-bois, les mains plantées sur la grande table, avec un insecte gros comme un doigt dans le crane fut bien plus loquasse.
Le nom de sa guilde qui n'existe plus en tant que telle, la localisation de leur repère à Carcik au troisième niveau, leur repère à Ôprofonde, leur cible de ce soir qui se trouvait être Dame Dalsonia, alias Zéphir, maîtresse de dix guildes à travers tout le continent ainsi que toutes personnes de son entourage, empereur compris.
Le commanditaire est le Somi, le roi des hommes de l'ombre qui est de retour. Rare sont ceux qui connaissent son nom, Tulnik Ultokar.

Il nous révèle également son nom et le nom des précédents contrats. Le bourgmestre d' Ôprofonde, Louis Durepère ainsi que le second de la Mangole à Carcik, la seule guilde à n'avoir pas reconnu le Somi. L'empereur fit disposer le prisonnier en confiant à Aurtanc le soin de le cacher pour le protéger et de le garder à disposition pour un plus ample interrogatoire. Après avoir repris nos esprits il nous fallait reprendre notre travail et nous balayâmes l'épisode de Marelle ainsi que le cas d'Asatella. Puis arriva le sujet des quarante kilos « d'une semaine de vie » qui sont peut-être encore dans le Rexcan. Nous connaissons le remède mais l'Empereur veut pouvoir le détecter avant son inoculation afin de préserver ses armées et sa population. Enfin, je fis mon exposé des dires du Sultanat d'Azbar concernant les armées du sud-est et de l'Empire Sohong.

 

L’apparition du Somi

Mais à ce moment précis quelque chose clochait dans la pièce, on nous écoutait, on nous observait, j'en étais certain et c'était tellement logique après l'attaque dont nous avions fait l'objet. Une investigation des fenêtres et des pièces adjacentes ne révéla rien, bien trop facile à vrai dire. Je m’apprêtais à reprendre quand le Mage elfique fit son apparition au milieu de la pièce. Il prétendit s'être lourdement trompé à notre encontre et se tenait à la disposition de l'Empereur du Rexcan. Il se présenta, c'était Tulnik Ultokar en personne...